La petite sirène

Alors que les studios Disney viennent enfin de se remettre à faire du dessin animé dit traditionnel - La Princesse et la Grenouille, en salle depuis le 27 janvier 2010 - j’ai envie de revenir à l’un de ces films qui a marqué mon enfance. Arrivé sur nos écrans il y a bien longtemps, La Petite Sirène (version Disney) fête cette année ses 20 ans. C’est une grande fille maintenant, comme moi, mais comme beaucoup d’autres jeunes gens de ma génération, on retombe facilement en enfance lorsqu’il s’agit des grands classiques.

Ce film a été produit pendant les années 80 mais en réalité, Walt Disney avait déjà pour projet d’adapter le conte d’Andersen dès la fin des années 30. Des croquis furent réalisés par Kay Nielsen mais les premiers jets furent malheureusement mis de côté. Heureusement, Ron Clements, l’un des co-réalisateurs du dessin animé (avec John Musker) retrouva, dans les années 90, ces travaux préparatoires.

La majorité des projets Disney sont tirés de la littérature jeunesse mais La Petite Sirène a été le premier film depuis La Belle au bois dormant, 30 ans auparavant, à être adapté d’un conte populaire. Ce conte d’Andersen, publié en 1836, est parfois appelé La petite Ondine. Cette histoire est tellement populaire au Danemark, pays d’origine de l’auteur, qu’une statue de la petite sirène a été érigée sur le port de Copenhague.

Pour en revenir à l’histoire, il s’agit de la vie d’une petite sirène vivant avec son père, le roi de la mer, ainsi que ses sœurs. À l’âge de 15 ans, cette-ci est autorisée à s’approcher de la surface pour jeter un œil au monde des humains. La jeune “fille” est fascinée par ces êtres sans nageoires. Elle craque carrément pour un jeune homme se trouvant sur un navire. Malheureusement, une tempête fait échouer le bateau et la petite sirène décide de sauver le bellâtre. Mais avant qu’il ne se réveille sur la plage, la sirène doit s’éclipser car quelqu’un arrive, si bien que le jeune homme pense que la première personne qu’il a vu à son réveil est celle qui l’a sauvé.

Bien décidée à retrouver son “prince charmant”, la belle sirène passe un pacte diabolique avec la sorcière des mers. En échange de sa belle voix, cette dernière lui offre des jambes afin d’accéder au monde des humains. La belle n’a plus de voix pour s’expliquer ni même pour charmer mais surtout, son temps est compté. Entre le conte d’origine et son adaptation en dessin-animé, on trouve plusieurs différences dont une énorme qui concerne la fin de l’histoire. Bien évidemment, les projets de Disney s’adressent avant tout aux enfants et le “happy end” américain est de rigueur.

Pour ceux qui voudraient voir un dessin-animé qui reprend un peu plus fidèlement le conte d’Andersen, jetez un œil à Andersen Douwa : Ningyo Hime, l’adaptation japonaise produite dans les années 70. Quand j’étais petite je regardais également cette version. Bien sûr, il faut prévoir un stock de mouchoirs plus conséquent mais même si les inconditionnels d’Ariel seront troublés, je vous conseille vraiment cette version mettant en scène Marina et son animal de compagnie, le dauphin Fritz.

Le film est disponible sur la page Youtube de NieuAnimeTV. Voici la toute fin.

Vous aurez remarqué une différence majeure, outre la fin ou encore le prénom de la petite sirène. Je veux parler de l’aspect de la demoiselle.

Chez Disney, elle a les cheveux épais et rouges. Pour la créer, les studios se sont inspirés de l’actrice vedette de l’époque, Alyssa Milano, alors adolescente et surtout célèbre grâce à la série Madame est servie.

Pour pouvoir représenter le plus fidèlement les mouvements du corps, mais aussi des cheveux, dans l’eau, le modèle Sherri Stoner passa un bon moment dans un bassin, observée par les dessinateurs. Mais ce ne fut pas là la seule difficulté. En effet, pour ce long-métrage d’animation, il a été utilisé - pour la dernière fois chez Disney - la méthode traditionnelle de cellulos peints à la main. Mais puisque la majorité des plans se déroulaient sous ou sur l’eau, les studios, suite à l’insistance des réalisateurs, ont sous-traité en Chine le traçage des bulles d’eau que l’on compte par milliers.

Peindre à la main chacun des 150 000 cellulos a malgré tout nécessité plusieurs années et la collaboration de 450 artistes. Mais cela a également été l’occasion de créer une nouvelle couleur, mélange de bleu et de vert, rebaptisée Ariel.

Si vous souhaitez en découvrir encore plus sur la production de ce dessin-animé, procurez-vous l’ouvrage The Art of the Little Mermaid : a Disney Miniature. Visitez aussi le site Internet Disney-Animag. Personnellement, j’apprécie beaucoup la version de l’affiche du film réalisée par Eric Tan pour le livre The Art of the Disney Princess.

L’un des autres éléments importants du succès de ce dessin-animé, ce sont les chansons. Composés par Alan Menken, d’après les textes d’Howard Ashman (pour la version originale), les huit titres originaux ont été salués par la critique. Le film a obtenu, entre autre, le Golden Globe de la meilleure bande-originale ainsi que deux nominations à l’Oscar de la meilleure chanson pour Kiss the Girl et Under the Sea. C’est ce dernier titre qui a gagné la récompense. Voici la vidéo de la version française.

Bien sûr, il y a des passages musicaux dans tous les Disney mais certains titres, plus que d’autres, marquent nos esprits à jamais. Chacun a sa chanson préférée et pour ce film, je vote pour Partir là-bas. Pour information, la voix française d’Ariel est interprétée par la comédienne Claire Guyot. Vous l’avez également entendu doubler les actrices Sarah Michelle Gellar (Buffy contre les vampires, Souviens-toi l’été dernier) ou encore Teri Hatcher (Les nouvelles aventures de Loïs et Clark, Desperate Housewives).

La version d’origine est chantée par Jodi Benson. La chanteuse a avoué s’être préparée en chantant dans le noir afin d’avoir davantage l’impression d’être sous l’océan.

Au début du film on entend la chanson des Filles du Roi Triton. Juste avant cela on voit apparaître pour la première fois à l’écran le père d’Ariel, c’est-à-dire le Roi. Il paraît que dans cette scène, on aperçoit Mickey Mouse, Donald Duck ou encore Dingo, en bas à gauche de l’image, cachés dans le public.

Mais peut-être que vous préférez Pauvres âmes en perdition, la chanson de la sorcière Ursula interprétée en français par Micheline Dax ?

À moins qu’il ne s’agisse d’Embrasse-la dont la voix du crabe Sébastien n’est autre que celle d’Henri Salvador. Et pour les plus observateurs, vous remarquerez que les arrières plans utilisés sont les mêmes que dans Les Aventures de Bernard et Bianca. Le choix des deux murènes comme animaux de compagnie d’Ursula est également inspiré de ce dessin animé où Médusa se balade avec deux crocodiles.

Les poissons, le seul titre assez décalé par rapport au reste, mais pas moins dénué d’intérêt, met en scène un cuisinier français - plutôt italien dans la version française - qui bave d’envie devant Sébastien, le crabe conseiller du Roi Triton.

Depuis 20 ans, le succès de La Petite Sirène version Disney n’a jamais cessé. Deux suites au long métrage ont été produites : La Petite Sirène 2 : Retour à l’océan (2000) où l’on voit Mélodie, la fille d’Ariel et du prince Éric, découvrir le monde d’où vient sa mère puis Le Secret de la Petite Sirène (2008) dans lequel on en apprend davantage sur l’adolescence d’Ariel.

Cette période de la vie de la sirène avait déjà été traitée dans la série télévisée diffusée entre 1992 et 1994.

Un jeu vidéo, Ariel, the little mermaid, a été proposé en 1992 sur Megadrive, Game Gear et Master System.

Mais Ariel a également une vie en dehors des écrans puisqu’une comédie musicale a été créée à partir du film de Disney. La version d’origine, Voyage of the Little Mermaid, était présentée dès 1992 dans le parc Disney’s Hollywood Studios situé en Floride. Depuis, le spectacle a été étoffé pour être joué à Broadway. Voici un reportage qui vous donnera un bon aperçu du résultat.

Quelques années auparavant, une version sur glace avait vu le jour au sein du spectacle Walt Disney’s World On Ice.

Toujours dans l’univers de Disney, il y a les attractions des parcs du même nom. Ainsi au Tokyo Disney Sea on peut visiter le monde d’Ariel composé d’une caverne “sous-marine” nommée Triton’s Kingdom ainsi que plusieurs attractions, restaurants et boutiques.

Aux États-Unis, une nouvelle attraction, The Little Mermaid: Ariel’s Adventure, ouvrira ses portes fin 2010, début 2011 dans le parc Disney’s California Adventure. Cette attraction se déroulant sous l’eau s’inspire en partie des plans du projet qui n’aura finalement pas été réalisé pour Disneyland Paris.

Et si vous ne pouvez pas voyager pour voir tout ça, alors procurez-vous simplement le DVD - pas encore de blu-ray- de ce classique à voir et à revoir sans modération.

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5 commentaires pour “La petite sirène”

  1. Pascal Guidolin dit :

    Bonjour j’ai fais une recherche sur la petite sirène car étant plus jeune j’avais vu une version que je retrouve plus ou à la fin la petite sirène meurt et se transforme en écume est ce la version de walt disney ça ou une autre ?

  2. Culture Confiture dit :

    @ Pascal Guidolin : dans la version Walt Disney, Ariel s’en sort, c’est le Happy End. Dans la version japonaise “Andersen Douwa : Ningyo Hime”, c’est là que la petite sirène se transforme en écume, comme dans le conte originel.
    j’adore les deux versions même si au final ça n’est pas du tout la même histoire !

  3. megara dit :

    OU TU TROUVE TOU SA LA TOUTE PREMIERE AFFICHE C TROP EMOUVAN JTE MES UN 18SUR20 TES COOL RAJOUTE DAUTRE PHOTO ENCORE PLUS INTERESANTE!!!!!

  4. Culture Confiture dit :

    @ megara : suffit de bien ouvrir les yeux et de savoir où chercher :)

  5. S00999 dit :

    Aloas là, un GRAND merci ! je cherchais le nom de cette version sortie bien avant celle de Disney et où elle meurt à la fin… un grand DA de mon enfance que je trouve bien plus émouvant. Beaucoup de comptes ont été animés avant qu’ils ne soit repris et modifié par Disney ….
    En tout cas merci je n’ai plus qu’à trouver une version DVD en français pour mes enfants… mais aussi pour moi ;)

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