Bizarre Foods

Je ne sais pas pour vous mais personnellement j’aime manger. Je ne sais pas pour vous mais il y a certaines choses que je ne peux pas manger, pas par goût mais par dégoût justement. Je ne sais pas pour vous mais malgré ma relative ouverture d’esprit, je suis quand même un peu formatée par ma culture française.

Forcément, tout est question d’éducation, dès le plus jeune âge. Il y a 20, 30, 40 ans, nous n’avions pas accès à autant de diversité. Pour peu que l’on soit comme moi, française, sans métissage, ayant passé l’ enfance dans une seule région et habitant loin d’une grande ville, vous n’avez probablement pas été amené à avoir une large diversité concernant les richesses gastronomiques mondiales. Mais je ne fais là aucune critique, il s’agit simplement d’un constat. Et il ne faut pas oublier les richesses de nos régions, vive la Normandie ! Oups je m’égare. Toujours est-il qu’en voyageant, en grandissant, en regardant des reportages et surtout en rencontrant des gens d’autres cultures - pas besoin d’aller bien loin pour ça - on apprend à découvrir une cuisine dont on ignorait tout jusqu’alors.

Depuis les choses ont changé, j’ai vécu dans de grandes villes, aujourd’hui j’habite Paris alors forcément l’offre gustative s’est largement amplifiée. Pas besoin de voyager pour manger comme en Inde, comme au Japon, comme au Brésil, comme en Hongrie, comme en Russie… il suffit de trouver les bonnes adresses. L’idéal c’est d’avoir des amis qui vous cuisinent des bons petits plats de leurs régions, de leurs pays d’origine, rien de tel pour vraiment goûter les plats “comme là-bas”. La dernière option, la plus efficace, bien que plus onéreuse, reste le voyage. J’adore voyager, vous l’aurez compris. Lorsque je suis dans un pays que je ne connais pas, j’aime particulièrement aller farfouiller dans les supermarchés, on y découvre tout un tas de produits dont on n’avait jamais entendu parler. Le hic c’est quand on ne comprend pas ce qui est écrit sur les emballages, on risque de faire quelques boulettes. Mais rien que pour le plaisir des yeux…

Pas besoin d’aller loin pour goûter des choses nouvelles. Arrivée en Belgique, je ne connaissais pas la moitié des noms sur la carte donc la Carbonnade flamande, ce plat typique de viande de bœuf braisé, cuit dans la bière. Un vrai régal. Forcément, il arrive que certains plats ne me donnent pas du tout, mais alors pas du tout envie. Et pour ça, pas besoin de voyager. Les étrangers trouvent que les français sont bizarres avec les cuisses de grenouilles. J’en ai mangé, ça n’est pas mauvais du tout. Moi ce que je trouve encore plus bizarre - et là des milliers de gens vont me jeter la pierre - c’est de manger un mollusque couleur morve, encore vivant qu’on appelle “huître”. Aaarrgh, rien que l’idée m’écœure. Finalement ça n’est pas le fait que ce soit cru, j’adore le carpaccio de bœuf ou les sashimis de saumon, non c’est plus une question de texture, d’odeur. Le visuel compte énormément dans notre apprentissage du goût. Certain sont capables de passer outre cet éventuel mouvement de recul, personnellement j’ai du mal.

Âmes sensibles s’abstenir : par mesure de sécurité, veillez à ne pas lire la suite de cet article juste avant de passer à table.

Voilà pour vous, cinq plats composés d’abats, d’insectes ou tout simplement d’animaux domestiques et qui ont tendance à ne pas faire l’unanimité selon les habitudes culturelles de chacun. Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive et je n’hésiterai pas à la compléter plus tard. Quoi qu’il en soit, à vous de me dire si vous en avez déjà mangé, si oui quelle a été votre réaction et si non, pourquoi ?

FRANCE - L’andouille de Vire

Cette charcuterie originaire de Normandie est principalement composée de boyaux de porcs issus du gros intestin et de l’estomac de l’animal. Ces lanières de boyaux sont embossées avant d’être nettoyées, découpées, salées puis fumées.

Elle se déguste en fine rondelle à l’apéritif nature ou sur une rondelle de pain au beurre demi-sel ou bien chaude, sur des tartines, dans des galettes de sarrasin…

CHINE - L’œuf de Cent ans

Cet œuf, contrairement à son nom, n’est pas centenaire. Malgré tout, on peut parler de dépassement de la date de péremption. Attention, ça n’est pas aussi simple et ne tentez rien chez vous au risque de faire une belle intoxication alimentaire.

Pour cela les chinois utilisent au choix des œufs de poule, de cane ou de caille et les conservent pendant plusieurs semaines, ou mois selon l’effet désiré, dans un mélange de boue (riche en chaux) et de paddy (riz non décortiqué) auxquels ils ajoutent un peu de cendre, de sel et de feuilles de thé. Les éléments alcalins, enfermés dans ce mélange, se modifient et font passer le pH de l’œuf de 9 à plus de 12. Les protéines sont transformées et l’œuf prend une texture étrange. Le jaune devient vert et le blanc devient foncé et gélatineux. Une forte odeur d’ammoniac et de sulfure s’en dégage. Il est généralement dégusté avec des crudités ou du tofu.

ITALIE - Le casu marzu

Ce produit signifie “fromage pourri” en langage sarde et on se dit qu’ils ne sont pas allés chercher bien loin pour le nommer. En effet, ce dérivé du pecorino sardo, un autre fromage de Sardaigne, est amené à un état de fermentation extrême. Pour se faire, des larves de la mouche du fromage sont introduites à l’intérieur afin qu’elles se nourrissent et transforment la texture du fromage. Leurs digestions accélèrent la fermentation qui brise les acides gras. Le fromage est alors liquide. À vous de voir si vous préférez manger avec ou sans les larves qui mesurent 8mm - et qui parfois font des bons de 15 centimètres si elles se sentent en danger !

PÉROU - Le cuy chactado

Ce repas de fête est une spécialité Incas. Cette petite bête n’est autre qu’un cochon d’inde frit à la poêle et servi entier, complètement aplati, avec quelques pommes de terre et une sauce à la cacahuète. Il est parfois accompagné de piment farci de viande haché.

Selon les dires de certain, le goût de cette viande est proche de celle du poulet.

JAPON - Le cœur de crapaud

Pas d’image pour ce dernier met mais une vidéo, beaucoup plus parlante. Vous allez voir Andrew Zimmern, un expert culinaire américain, en visite au Japon. L’une des particularités de ce monsieur c’est qu’il n’a pas peur de goûter, comme nous le prouve cet extrait de son émission Bizarre Foods. Notre homme est dans un restaurant japonais de sushis. Au début, on voit un crapaud, bien vivant. Puis un peu plus tard, ce même crapaud découpé en sashimis, ces fines lamelles encore crues. Entre deux, la dégustation du cœur, encore “vivant” puisqu’il bat la chamade plus que de raison.

Voilà pour l’heure - faudrait pas non plus se couper l’appétit - mais je promets de vous reparler très bientôt d’autres mets plus ou moins écœurants, question de point de vue. Vous me direz que ces cinq premiers choix ne vous ont peut-être pas dérangé voire même qu’ils vous ont donné envie. Et bien tant mieux dans ce cas, l’essentiel c’est encore que tous les goûts soient dans la nature !

Si vous voulez continuer à voyager, je vous incite à vous procurer l’ouvrage publié par les guides Lonely Planet, Extreme Cuisine (pas de traduction française à l’heure actuelle).

© untuchable26, decitre, kolkoz, enseeirb, gourmandie, wikimedia, geschichteinchronologie, IamKC, lonely planet

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6 commentaires pour “Bizarre Foods”

  1. Culture Confiture dit :

    @ Chers Lecteurs : j’adore l’andouille de Vire mais je n’ai goûté aucun des autres plats dont je parle. Aucun ne me donne envie mais je ne pourrais vraiment pas manger le fromage ou le cœur qui bat !

  2. MARIE - AUDE dit :

    je sais que c’était écrit; “ne pas lire avant de manger” mais je me suis dit, “c’est pas grave!” en fait, euh, ben, j’aurais pas dû lire!

  3. Culture Confiture dit :

    @ MARIE-AUDE : et oui… et à l’écrire c’est pas forcément facile, enfin surtout la recherche d’image ! on en voit des vertes et des plus que mûres…
    yerk

  4. Dim dit :

    hmmmmmm! L’andouille de Guémené quel régale!

  5. Culture Confiture dit :

    @ Dim : la blague pourrait coûter, très, très cher, attention…!

  6. julie dit :

    Cher dimitri, ne crois pas qu’un mariage t’ait fait entrer dans la famille sans conditions…

    (et méfie toi de ceux qui pourraient t’attendre embusqués et armés de bonnes grosses andouilles…DE VIRE)

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