Father & Son

Peu de gens savent qui est Steven Demetre Georgiou, ce britannique d’origine grecque et suédoise. C’est en se présentant à 18 ans devant le producteur Mike Hurst qu’il expliqua « My name is Steven but they call me Cat ». Il n’en fallait pas plus pour devenir le célèbre Cat Stevens. Outre ses yeux de chat, ce sont ses chansons folk qui lui ont permis de conquérir le cœur des gens.

Son premier titre I love my dog (1966) lui offre succès et estime. Durant une dizaine d’années il conquiert le monde avec une multitude de hits. Il a également marqué le 7ème art en composant la bande-originale du film Harold & Maude. Mais c’est en 1970, avec l’album Tea for the Tillerman, qu’il marque le plus les esprits.

Cette année, la chanson Father & Son fête son 40ème anniversaire. Afin de célébrer comme il se doit ce morceau qui a marqué plusieurs générations, revenons sur l’origine de ce titre ainsi que sur son évolution.

Pour bien faire, petit leçon de rattrapage avec le clip.

Cette chanson est un dialogue entre un père et son fils. Cat Stevens parle de la confrontation d’un père qui ne comprend pas que son fils veuille changer de vie et partir. Chacun leurs tours, le père et le fils tentent de se convaincre l’un l’autre.

Cat Stevens interprète les deux personnages, alternant une tessiture tantôt grave, tantôt aiguë. Pour ceux qui tendent l’oreille, vous pourrez également entendre Alun Davies - le guitariste de Cat Stevens - reprendre en fond sonore quelques mots du fils puis du père.

À l’origine ce texte n’avait pas été écrit pour figurer dans l’album. Il faisait partie intégrante d’un projet musical nommé Revolussia. Ce spectacle musical créé en collaboration avec l’acteur Nigel Hawthorn se déroulait pendant la Révolution Russe. Il mettait en scène un fils voulant rejoindre la révolution tandis que son père tentait de l’en dissuader.

Malheureusement ce projet tomba à l’eau suite à une longue période de maladie pour Cat Stevens à la fin des années 60. Heureusement, cette chanson resta et elle fut enregistrée lors de la conception de l’album Tea for the Tillerman.

À sa sortie, le titre a parfaitement fait écho à la situation sociale du monde. À la suite de cette décennie hippie, beaucoup se sont reconnus au travers des mots de Cat Stevens. Quoi qu’il en soit, l’auteur a affirmé que ce texte n’était pas autobiographique et que bien qu’il n’ait pas toujours compris son père, ce dernier l’avait toujours laissé être lui-même.

En tant que jeune adulte on peut penser que le chanteur avait tendance à prendre partie pour le “fils” de la chanson. Cependant, il affirma ne pas prendre part dans ce dialogue, s’efforçant avant tout à comprendre les arguments de l’un et de l’autre.

Suite à un très grave accident dont il se sort miraculeusement, Cat Stevens décide de changer de vie et de se convertir à la religion musulmane à la fin des années 70. Il est désormais connu sous le nom de Yusuf Islam. Après avoir abandonné un temps sa vie de célébrité, il revient à la musique lors d’œuvres caritatives à but humanitaire. Mais ça n’est qu’en 2006 qu’il décide d’enregistrer un nouvel album.

En 2007, lors d’une session intimiste pour la BBC, Yusuf Islam remonte sur scène pour interpréter ses titres les plus célèbres. À cette occasion, il chante Father & Son, cette fois en présence de sa famille dont une de ses filles et son enfant. Le chanteur a désormais l’âge du père de sa chanson. 40 ans après, cette chanson prouve à quel point elle est intemporelle.

Bien évidemment, qui dit succès dit reprise. La toute première ne s’est pas fait attendre puisque dès 1972, Sandie Shaw l’a enregistré. Malgré le fait qu’elle soit une femme, cela n’a pas empêché le public d’adhérer à son interprétation de Father & Son.

Citons également l’acteur Colm Wilkinson en duo avec son fils Aron, Rod Stewart ou encore Teddy Lawrence.

La reprise la plus connue du jeune public est britannique. 1995, en pleine folie des boys band, le groupe Boyzone a repris ce monument de la chanson anglaise. En réalité, il n’y a que le leader du groupe, Ronan Keating, qui chante. Les quatre autres “beaux gosses” font vaguement les choeurs dans la seconde moitié du morceau. Quoi qu’il en soit, le clip est une véritable pépite : poses ridicules, lumières blanches à s’en crever les yeux et effets !

Au final, qu’importe la qualité du clip puisque le single s’est vendu à plus de 610 000 exemplaires rien qu’en Grande-Bretagne. Cette reprise est devenue leur sixième meilleure vente.

Presque dix années après, en 2004, Yusuf Islam a accepté d’enregistrer un duo avec Ronan Keating lorsque ce dernier a continué une carrière solo. Cette fois-ci, les bénéfices ont été entièrement reversés à l’association Band Aid Trust. Dans le clip - désolé pour la très basse qualité de l’image - on voit Ronan Keating marcher dans une pièce remplie de portraits de pères et de fils. À la moitié de la chanson, Yusuf Islam le rejoint pour faire la voix du père.

Maintenant que vous avez entendu ce titre à plusieurs reprises vous n’aurez aucun mal à remarquer les similitudes qui existent entre Father & Son de Cat Stevens/Yusuf Islam et la chanson Fight Test du groupe The Flaming Lips. C’est suite à la sortie, en 2002, de l’album Yoshimi Battles the Pink Robots que ce groupe américain s’est fait poursuivre en justice. En effet, le thème principal est étrangement similaire (rythme et notes) et la chanson comprend également un chœur en fond sonore. Au final, les deux parties se sont entendues en divisant les bénéfices liés à la vente du titre Fight Test.

Dernière utilisation de Father & Son avec cette fois une publicité Néo-Zélandaise pour Telecom. Pas de grande originalité avec une simple illustration du texte via les images d’un père et de son fils.

© portrait, Broshinga, pastemagazine, aky3, BoyzoneVEVO, sarquis, alcazarist, bizcocho

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Un commentaire pour “Father & Son”

  1. » Archive du blog » Bobby Bazini dit :

    [...] avoir découvert tout un univers musical allant d’Otis Redding à Cat Stevens, de Ray Charles aux Doors en passant par Bob Marley, Bobby a commencé à écrire et à composer [...]

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