Le “Bad Tour” de Michael Jackson

Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter Michael Jackson. Comment pourrait-on ne pas connaître « The King of Pop » ? C’est bien simple, le Livre Guiness des Records le déclare homme de spectacle le plus célèbre au monde du XXème siècle. Que rajouter après ça ?

Aujourd’hui, intéressons-nous à la première tournée solo de Michael Jackson à savoir le Bad Tour.

Après avoir chanté, dès l’âge de 11 ans, avec ses frères au sein des Jackson Five, Michael a entamé une carrière solo en 1971 (23 ans). Pour autant, il reste encore dans le groupe d’origine.

En 1987, il sort Bad. Cet album est un succès. Il en vendra 32 millions dans le monde. Ok, c’est moins bien que pour l’album précédent puisque Thriller avait été vendu à plus de 65 millions d’exemplaires (selon le Livre Guinness des records parce que pour d’autres, le chiffre monte carrément à 109 millions de copies !). Du coup, à cette époque, Bad a été le deuxième album le plus vendu de tous les temps - 10 millions aux États-Unis et 5 en Angleterre). Mais que Michael se rassure, avec Bad, il a obtenu plus de titres en première place du hit (d’ailleurs, sur les onze titres de l’album, Michael est le compositeur de neuf morceaux). Rien qu’avec ça, il a pu placer quelques économies sur son Livret A !

À la fin de cette même année, Michael Jackson part pour la première fois en tournée mondiale sans ses frères. Ainsi débute le Bad Tour qui va s’étaler sur 16 mois - du 12 septembre 1987 au 27 janvier 1989. Il commence par rôder son spectacle au Japon où on le surnomme le typhon Michael. Avant même de monter sur scène, les fans sont en délire. Pour preuve, à sa sortie d’avion, Michael Jackson était attendu par pas moins de 600 journalistes et encore plus de japonaises en délire. Même Bubbles, le chimpanzé de compagnie de Michael arrivé par un autre vol, a reçu un accueil de plus de 300 personnes.

Il continua sa tournée en Australie. Là-bas, il a été renommé le crocodile Jackson… à chaque pays ses spécialités ! C’est d’ailleurs lors d’un concert à Sydney que les spectateurs eurent la surprise de voir apparaître Stevie Wonder, venu interpréter Just Good Friends en duo avec Michael (à qui ça donne des ailes apparemment).

Les deux concerts prévus en Nouvelle-Zélande sont annulés. Nous sommes en décembre 1987 et Michael fait une pause dans sa tournée. S’en suit alors une période de mise au point, de remaniement, aussi bien au niveau des morceaux que des costumes. Le Bad Tour première version - par manque de temps de préparation - est en réalité assez similaire au Victory Tour (1984) des frères Jackson. Pour cette deuxième étape de la tournée, Michael retire la majorité des morceaux qu’il chantait avec ses frères. Le concert comprend beaucoup de titres à la rythmique complexe et peu de titres lents. Il profite de ce break pour entraîner sa voix auprès du plus célèbre des coachs, Seth Riggs. Michael veut être prêt à affronter le public américain avec un show à la hauteur des espérances que les fans ont fondé en lui.

Le chanteur revient sur scène à Kansas City, le 23 février 1988. Pour l’anecdote, il était initialement prévu qu’il joue d’abord à Atlanta cependant Pepsi, le sponsor officiel de la tournée, refusa que le chanteur commence dans la ville où se trouve le fief de la compagnie Coca-Cola. Le spectacle est encore plus grandiose. Michael Jackson chante et danse pendant plus de deux heures, mêlant le rock aux grands shows hollywoodiens. On peut dire qu’il donne de sa personne et n’hésite pas à transpirer pour plaire à son public.

Durant toute sa tournée aux États-Unis, Michael prévoit qu’une centaine de places soit réservées aux enfants malades (Children’s Wish Foundation).

Le 3 Mars 1988, Michael Jackson donne un concert exceptionnel au Madison Square Garden de New-York. Particularité de l’évènement, tous les bénéfices du concert ont été reversé au United Negro College Fund (UNCF), une association caritative afro-américaine. Mais surtout, les billets n’ont pas été vendus via le circuit classique. Pour assister à ce spectacle exceptionnel, il fallait gagner sa place à la loterie. Lors de ce concert, Siedah Garrett, comme sur l’album studio, interprête en duo I Just Can’t Loving You. Mais l’évènement le plus marquant reste la venue de Tatiana Thumbtzen, la demoiselle que l’on voit dans le clip The Way You Make Me Feel. Enfin c’est surtout le fait qu’elle ait embrassé Michael Jackson devant des fans médusés qui aura défrayé la chronique.

Fin mai débute la tournée européenne. Première étape, Rome. C’est à cette occasion que Michael Jackson inquiéta son service de sécurité. En effet, il décida d’aller se promener seul dans Rome, déguisé avec une  perruque et une fausse moustache. Outre cet évènement anecdotique, l’artiste renforça son action d’aide envers les enfants défavorisés et malades en faisant entre autre un don de 100 000£ au Bambino Gesù Hospital de Rome, 130 000$ to Give For Life, une œuvre de charité britannique, ainsi que 450 000$ au Great Ormond Street Hospital. Il rencontra aussi bon nombre de personnalités dont le Prince Charles & la Princesse Diana.

Pour prolonger la liste des surnoms de Michael, en Europe on l’appelait le Peter Pan de la Pop.

En France, Michael Jackson donna quatre concerts : deux à Paris (Parc des Princes), un à Montpellier et le dernier à Nice, réunissant en tout presque 200 000 fans. En Angleterre, Michael fit sept dates dans le stade de Wembley. Les sept concerts ont été joué à guichet fermé totalisant au final 504 000 spectateurs, ce qui donna lieu à un nouveau record dans le Guinness Book.

Mais le record d’affluence, tous pays confondus, revient à la ville de Liverpool. Michael Jackson tenait particulièrement à jouer dans cette ville qu’il considérait come le berceau de la pop music contemporaine. Le 11 septembre 1988, lors d’un concert unique en extérieur, 125 000 fans ont joué des coudes pour tenter d’apercevoir la superstar. Ce concert en extérieur a entraîné quelques évanouissements et maux de têtes, voire carrément des hystéries ! Cette photo prise d’un hélicoptère montre bien l’ampleur de l’évènement.

Autre souvenir britannique marquant pour Michael Jackson, le concert donné à Leeds le 29 Août 1988, jour de ses 30 ans. Il a eu droit à un Happy Birthday chanté par 90 000 fans, rien que ça (pas sur qu’il y ait eu assez de gâteau pour tout le monde !).

Après l’Europe, Michael retourna faire une tournée aux États-Unis où quelques concerts durent être annulés car le chanteur souffrait d’une laryngite. Avant d’achever ce Bad Tour à Los Angeles, il retourna à Tokyo le temps de neuf concerts. Il joua d’ailleurs là-bas le soir de Noël 1988. De retour aux U.S.A. pour la dernière ligne droite, Michael apparaît épuisé, les traits tirés. Cette très longue tournée lui vaudra d’ailleurs un respect de la part du public et des professionnels. Mais qu’importe la fatigue, il continue de se surpasser malgré quatre titres chantés en playback (Smooth Criminal, Man In The Mirror, Bad, The Way You make Me Feel).

Pour le tout dernier concert, le 27 janvier 1989, Michael Jackson dédicaça le Motown Medley à Berry Gordy, le fondateur de Motown Records. Ce medley reprend plusieurs titres des Jackson Five enregistrés sous ce label. Comme à son habitude, il fit un don de 700 000£ - dernier concert oblige, il fallait marque le coup - à Childhelp, une association de défense des enfants victimes de cruauté.

Alors vous me direz, c’est bien beau de parler de cette tournée triomphante, pleine de concerts extraordinaires mais nous, on y était pas ! C’est vrai et c’est pour cette raison que je vais maintenant vous offrir quelques extraits vidéos. La qualité visuelle et sonore n’est pas toujours au top car ces concerts ne sont sortis dans le commerce que sur VHS. Il s’agit d’une combinaison des concerts donnés à Yokohama, Tokyo et Osaka. C’est-à-dire, des vidéos de Bad Tour première version. Pourtant, l’équipe de Michael Jackson a filmé et photographié le concert du 14 juillet 1988 donné au stade de Wembley. Mais jamais aucun montage n’a été réalisé à partir de ces bandes. Depuis août 2005, une pétition est disponible ici afin de réclamer un DVD du Bad Tour 1988. Ni Sony ni Michael Jackson n’ont répondu à ce cri de détresse des fans.

Commençons avec Bad, le titre phare qui donne son nom à l’album ET à la tournée. Juste pour le plaisir, sachez que le clip de Bad, tourné dans une station désaffectée du métro de New-York, a été réalisé par Martin Scorsese, rien que ça.

Avec Beat it, Michael montre l’étendu des moyens techniques mis en œuvre pour rendre ce show hors du commun. Il montre aussi à quel point il est bon danseur. C’est même encore plus que ça, quelle fluidité dans son petit pas glissé (qui ressemble au célèbre moonwalk). J’aime particulièrement la chorégraphie lorsqu’il dessine une sorte de cadre dans l’espace (et surtout le son qui va avec !). Admirez au passage la coiffure de sa guitariste, Jennifer Batten. Et oui chers lecteurs nés après 1990, c’était ça les années 80…

Voilà un autre titre incontournable lorsque l’on parle de Michael Jackson, Thriller, extrait de son précédent album. On a tous en tête le clip, véritable court-métrage de cinéma réalisé par John Landis, mais jetez-vous sur cette version fluo !

Certains chanteurs célèbres ont commencé à l’arrière-plan, faisant les chœurs d’un artiste déjà reconnu. C’est le cas de la chanteuse Sheryl Crow qui a accompagné Michael Jackson tout au long du Bad Tour. Elle n’était pas seule à tenir ce rôle mais privilège absolu, le temps du titre I Just Can’t Stop Loving You, elle passait à l’avant scène pour chanter en duo avec le maître.

J’espère que vous avez apprécié sa tignasse de lionne ! C’est drôle comme cette coiffure n’a pas supporté le XXIème siècle…

Dans la version studio c’est Siedah Garrett qui est créditée. Le titre a plus tard été enregistré en espagnol  (Todo Mi Amor Eres Tu) et en français (Je ne veux pas la fin de nous). C’est d’ailleurs la seule chanson que Michael ait jamais chanté en français.

Au final, cette tournée a été la plus importante de sa carrière, aussi bien d’un point vue artistique que pécuniaire. En quelques chiffres, Bad Tour c’est 16 mois sur les routes, 123 concerts dans 15 pays différents, une équipe technique et artistique de 150 personnes auxquelles s’ajoutent 12 semi-remorques de matériel. D’ailleurs, en plus d’être chanteur, Michael était directeur exécutif et chorégraphe (mais ça ne compte quand même que pour une personne). La machine était tellement complexe à gérer qu’il fallait plus de 18 heures pour régler l’ensemble des instruments et pas moins de 8 heures d’essais avant chaque concert. D’après les calculs de certains - qui n’ont probablement que ça à faire - quand Michael Jackson était sûr scène, l’électricité utilisée aurait pu faire fonctionner plus de 100 000 sèches-cheveux !

Question gros sous, Michael touchait l’équivalent de 610 000€ par show. Ainsi, il pouvait largement donner aux associations venant en aide aux enfants. La recette obtenue atteint la somme astronomique de 125 millions de dollars  (dont 23 millions rien qu’en Grande-Bretagne).

Depuis, Michael a continué à battre plusieurs records dans le domaine de l’industrie du disque dont celui, en tant qu’artiste solo, du plus gros vendeur d’albums de tous les temps et celui de l’artiste le plus récompensé avec pas moins de 230 prix - il faut en acheter des étagères IKEA pour tout exposer !

Et si vous avez entre 30 000 et 50 000$, et que vous êtes overfan - j’en connais qui se reconnaîtront… - c’est le prix qu’il faut débourser pour acheter auprès de Live Auctioneers l’un des costumes de scène que portait Michael lors du Bad Tour.

Admirez les bottines dorées et surtout la ceinture sur laquelle est écrit BAD en rouge, comme sur la pochette de l’album du même nom.

You know I’m bad, I’m bad, you know it, you know
And the whole world has to answer right now
Just to tell you once again . . .
Who’s bad ?

Finissons sur une note d’humour avec cet hommage à Michael Jackson d’un “chanteur/danseur” malaysien. Enfin chanteur c’est un bien grand mot. Au moins il a le costume et il maîtrise la choré de Billie Jean (pour voir la vraie version, regardez le clip ou cette vidéo prise lors du Bad Tour).

© Photos Bad Tour, Billet concert, Esnyperx2, costume, liquidbuffet

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7 commentaires pour “Le “Bad Tour” de Michael Jackson”

  1. Dim dit :

    Exxxxxcellent cette version française! A quand une version japonaise?

  2. Culture Confiture dit :

    @ Dim : À quand le malaysien chantant la version française de Michael ?????
    :-)

  3. sacha dit :

    tu m’as appris des trucs! et puis j’ai signé la pétition, d’ailleurs, signez tous la pétition! KING OF POP

  4. Culture Confiture dit :

    @ Sacha : ouaaaaaah ! alors là je suis plus que fière de moi, j’en reviens pas de t’avoir appris quelque chose sur Michael, toi LE fan absolu de la star !
    :)

  5. sacha dit :

    :…(

  6. Culture Confiture dit :

    @ Sacha : j’espère que mon article aura fait honneur au king of the pop… réécoutons le Bad Tour pour lui rendre hommage !

  7. » Archive du blog » Les clips du “King of the Pop” dit :

    [...] arrive en 1984 avec Thriller, le clip de l’album éponyme de Michael Jackson. Déjà que l’album est le plus vendu de tout les temps mais là les spectateurs sont époustouflés par ce qu’ils découvrent à la [...]

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