HOME

Voilà LE film évènement de la semaine. Tous les médias en parlent et pour cause, le projet a ceci d’être unique.

Avant de continuer, précisons que je ne fais pas référence aux deux autres films intitulés Home : le film franco-autrichien de Patric Chiha ou encore le film avec Isabelle Hupert réalisé par Ursula Meier et Thierry Spicher qui datent tout deux de 2008.

Alors HOME, qu’est-ce que c’est ? En gros, un documentaire sur l’environnement et l’écologie histoire de nous sensibiliser. Vous me direz, l’idée n’est pas vraiment nouvelle. C’est vrai.

À l’origine de ce projet, il y a un film. Un film pour en arriver à un autre film ? Et bien oui. C’est en voyant, en 2006, la réaction de la population suite au visionnage du documentaire d’Al Gore, Une vérité qui dérange, que Yann Arthus-Bertrand s’est dit que finalement, il pouvait continuer son travail de sensibilisation de la population, à propos des trésors de la terre qu’il faut préserver, en passant au grand écran. Ainsi, il espère toucher encore plus de monde. ” Cela m’a aussi paru un cheminement naturel après la photographie et les émissions télé. Je m’étais aperçu qu’en photographiant la Terre, je parlais de l’homme, et c’est cette même logique que l’on retrouve au cinéma “.

On connaît Yann Arthus-Bertrand au travers de ses photographies réunies, entre autre, dans l’ouvrage La terre vue du ciel. Son livre s’est vendu comme des petits pains. Il a également tourné une série de documentaires pour France 2. Dans chaque épisode de Vu du Ciel, Yann Arthus-Bertrand aborde durant une heure et demie un thème précis concernant la planète.

La différence avec les autres documentaires, c’est que cette fois ce film a entièrement était tourné depuis un hélicoptère. Véritable marque de fabrique du photographe, il a utilisé pour les images vidéos une caméra particulière qui comprend un stabilisateur surpuissant histoire de nous éviter de vomir sur le voisin en regardant le film. Pour les techniciens, il s’agit de la Cineflex, une caméra haute-définition gyrostabilisée permettant de zoomer fortement. Elle a été développé, à l’origine, par l’armée pour l’assistance au tir.

Il explique ce choix de tournage : ” Vu du ciel, on a besoin de moins d’explications. La perception que l’on a est plus immédiate, intuitive, émotionnelle “.

Le scénario, quel est-il ? Durant le tournage, il n’y en avait pas vraiment. L’auteur a simplement suivit une idée générale : traiter des grandes questions écologiques auxquelles nous sommes confrontés et montrer comment tout interagit sur notre planète. En bref, nous consommons trop, et nous sommes en train d’épuiser toutes les ressources du globe. Depuis le ciel, on voit facilement les endroits où la Terre est blessée.

Puis la forme finale du film est apparue durant les prises de vue. Ainsi le réalisateur aborde ” d’abord l’énergie produite par les bras de l’homme, puis la révolution de ce que nous appelons les “poches de soleil”, le pétrole “.

Au-delà de ça, il s’agit de faire bouger les mentalités afin que chacun prenne conscience des enjeux écologiques et du peu de temps qu’il reste avant qu’il y ait trop de dommages irréversibles. Mais le propos, bien qu’alarmiste, ne cherche pas à donner mauvaise conscience au spectateur en ne lui montrant que la pollution et les exploitations démesurées. Au contraire,  c’est également au travers de ces belles images que l’auteur cherche à nous faire prendre conscience de l’importance de préserver la planète.

Selon le producteur d’Elzévir Films, Denis Carot ” HOME n’est pas qu’un documentaire engagé. C’est un magnifique objet cinématographique. Chaque plan est à couper le souffle et nous montre la Terre, notre Terre, comme jamais nous ne l’avons vue. Chaque image semble nous dire : “regardez comme la Terre est belle, regardez ce que nous sommes en train de détruire, mais surtout regardez toutes ces merveilles qu’il nous reste encore à préserver “.

Pour accompagner les images, le réalisateur a fait appel au compositeur Armand Amar, un ami de longue date. Riche d’une culture musicale universelle, Armand Amar a composé une musique qui intègre des chants et des instruments venant de plusieurs pays - Mongolie, Iran, Arménie… - de tous les continents. Il a enregistré l’ensemble avec le Symphony Orchestra de Budapest et le Shanghai Percussion Ensemble.

Yann Arthus-Bertrand aura mis trois ans à monter ce projet qui marque le prolongement de son engagement vis à vis de la planète. 217 jours de tournage sur 120 lieux étalés sur plus d’une cinquantaine de pays auront été nécessaires pour tourner plus de 500 heures de rushes. Les principales difficultés rencontré par l’équipe, outre les conditions climatiques et le temps limité de tournage lorsqu’on est dans un hélicoptère, auront été d’ordre administratives. Chaque pays réclamant des autorisations aussi spécifiques que différentes, il leur aura fallu batailler dur. Et selon les degrés de sécurité réclamés, les conditions et les libertés de tournage n’auront pas été les mêmes. Le producteur explique que pour un pays précisément, il y a eu un an de préparation et de démarches administratives pour au final garder 2min30 d’images. Qui plus est avec une censure de la part de l’état dans lequel ils se trouvaient : « au moment du tournage, un officier de sécurité nous a accompagnés à bord pour vérifier le plan de vol, les points GPS et les plans que nous tournions en direct ; le soir, il visionnait les rushes avec nous. Il a fallu que je reparte sans les K7, laissées à la censure : et sur les 15 K7 fournies, 2 et demie ont été effacées... »

Lorsque l’on cherche à sensibiliser l’opinion publique à travers le monde, il s’agit d’être sacrément soutenu financièrement. Le budget du film a été évalué entre 10 et 15 millions d’euros. Seulement, ce que j’ai omis de vous dire, c’est que Yann Arthus-Bertrand a prévu dès le début de diffuser son film gratuitement ! La difficulté est donc d’autant plus grande. Les seuls à avoir accepté de s’impliquer sans retour financier sont François-Henri Pinault, le patron du groupe PPR - en tant que partenaire financier à hauteur d’environ 10 millions d’euros - et Luc Besson, à la tête de la société de distribution internationale Europacorp, qui a complété le financement.

Maintenant que le film a été monté et terminé, il s’agit de le distribuer. Et c’est là que le projet devient un évènement mondial jamais vu. La sortie aura lieue le même jour partout dans le monde et sur tous les supports. Que ce soit au cinéma, à la télévision ou sur Internet, le long-métrage sera diffusé gratuitement le vendredi 5 juin, journée mondiale de l’environnement.

Le film a été commenté en français (Yann Arthus-Bertrand pour la version courte à la télévision et Jacques Gamblin pour la version plus longue destinée au cinéma). Il a également été commenté en anglais par Glenn Close et en espagnol par Salma Hayek - la femme de François-Henri Pinault ! Pour l’occasion il a été traduit dans plus d’une vingtaine d’autres langues. L’ensemble sera diffusé dans une centaine de pays. Regardez cette carte, c’est tout simplement impressionnant.

Pour la première fois de l’histoire, des millions de gens auront accès gratuitement au même film, le même jour. Le film sera diffusé vendredi 5 juin au cinéma, à 20h30, dans environ 180 salles du réseau UGC. Sachez cependant que la diffusion ne sera pas gratuite. Le prix sera considérablement réduit et les bénéfices iront à l’association GoodPlanet. L’intérêt d’aller voir HOME au cinéma, outre l’aspect de faire une bonne action, réside dans le fait qu’il s’agit d’une version plus longue (2h).

Pour ceux qui préfèrent être en extérieur, une séance gratuite aura lieu en plein air à partir de 22h sur le champs de mars à Paris. D’autres séances plein air sont programmés dans les grandes mégalopoles comme New-York (dans Central Park), Londres (Trafalgar Square).

Pour la télévision française, le film sera diffusé sur France 2 à 20h35.

Le film sera aussi disponible sur Youtube (en français, anglais, allemand et espagnol) dès le matin du vendredi 5 juin et ce jusqu’au 14 juin 2009.

Au-delà de cette date, pour les retardataires, il vous faudra acheter le DVD du documentaire. Là encore un effort de prix a été fait afin d’acheter le DVD à prix coûtant (4,99€), les producteurs ne touchant pas d’argent sur les ventes.

En parallèle de la vidéo, Yann Arthus-Bertrand a également pris des clichés qui sont réunis dans le livre HOME aux Éditions de la Martinière.

Autre démarche citoyenne à souligner dans les écoles qui devraient recevoir une copie du DVD. Et pour les enseignants qui voudraient utiliser ce film pour parler de la planète, des fiches pédagogiques sur le développement durable, la biodiversité et l’énergie sont mises à disposition gratuitement sur le site de l’éducation nationale et sur le site le développement durable de l’association GoodPlanet (créée par Yann Arthus-Bertrand). Elles ont été élaboré en parallèle d’expositions pour les écoliers, collégiens et lycéens.

Dernière démarche écologique à noter, la répercussion financière des émissions de carbone. Certains reprochent à Yann Arthus-Bertrand de dire aux gens de changer alors que lui se déplace en hélicoptère afin de faire ses reportages. C’est pour cette raison qu’il a créé actioncarbone, une association qui prend en compte les émissions supplémentaires de carbone causées durant le tournage. Le réalisateur explique sa démarche ” Toutes les émissions de gaz carbonique engendrées par le film sont calculées et compensées par des sommes d’argent qui servent à donner de l’énergie propre à ceux qui n’en ont pas. Cela fait dix ans que l’ensemble de mon travail est compensé de la sorte “.

Pour de plus amples renseignements, je vous invite à consulter le site HOME-2009 dédié au film.

Vous pourrez d’ailleurs y lire des résultats d’études alarmantes :

- LA BANQUISE A PERDU 40 % DE SON ÉPAISSEUR EN 40 ANS.

- CHAQUE ANNÉE, 13 MILLIONS D’HECTARES DE FORÊTS DISPARAISSENT.

- 1 MAMMIFÈRE SUR 4, 1 OISEAU SUR 8 ET 1 AMPHIBIEN SUR 3 SONT MENACÉS D’EXTINCTION. LES ESPÈCES S’ÉTEIGNENT À UN RYTHME 1000 FOIS SUPÉRIEUR AU RYTHME NATUREL.

- 20 % DES HOMMES CONSOMMENT PLUS DE 80 % DES RESSOURCES DE LA PLANÈTE.

- LES DÉPENSES MILITAIRES MONDIALES SONT 12 FOIS PLUS ÉLEVÉES QUE L’AIDE AU DÉVELOPPEMENT.

Pour finir, voilà quelques images du film ainsi que les commentaires de Yann Arthus-Bertrand.

© Film HOME – une coproduction ELZEVIR FILMS / EUROPACORP

Site Internet Home-2009, Page HOME sur Youtube

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