Sophie Hunger

On peut dire que cette jeune chanteuse suisse a faim de musique pop et folk ! Bon, ok, je l’admets, mon jeu de mot était assez naze (Hunger = Faim en allemand).

De son vrai nom Émilie Jeanne-Sophie Welti Hunger, la jeune fille parle au moins autant de langues qu’elle a de prénoms ! Son père étant diplomate, elle a passé son enfance dans différentes grandes villes européennes comme Londres et Bonn. Elle est retournée depuis dans son pays d’origine et vit actuellement à Zurich. Durant son enfance, la petite Sophie apprend le piano. Mais son amour pour la musique naît plus tard lorsqu’elle intègre, à même pas 20 ans, le groupe pop-rock intitulé Fisher. Pour compléter le chant elle va se mettre à la guitare et commencer à écrire ses premières chansons quelques mois plus tard. En 2006, elle autoproduit et enregistre chez elle - oui oui, carrément dans le salon - son premier album Sketches On Sea dont voici un titre live, The Sad Fisherman (qui commence à 0′50).

Très vite, ses titres sont diffusés en Suisse romande et tout le monde parle d’elle. Stephan Eicher, le chanteur suisse le plus populaire de l’hexagone, l’invitera même en première partie de son spectacle au Bataclan.

Sophie fait pas mal de concerts dont un en première partie de la chanteuse Camille durant le Montreux Jazz Festival. Cette dernière, impressionnée, a invité Sophie à la rejoindre sur d’autres dates de sa tournée européenne.

Parallèlement à la musique, elle a participé au film Der Freund de Micha Lewinsky qui a représenté la Suisse dans la course aux Oscars. Elle a composé une partie de la bande-originale et joue le rôle de Larissa, une jeune chanteuse. Elle est créditée sous le nom d’Émilie Welti. Voici un extrait du film lorsqu’elle interprète le titre Leaving the Moon.

Son talent a depuis dépassé les frontières et la reconnaissance du public lui a permis de faire un second album. Produit par Marcello Giuliani (qui a déjà travaillé avec Henri Salvador, Jane Birkin ou encore Erik Truffaz) Monday’s Ghost a été enregistré en 2008 dans un studio bruxellois en seulement deux petites semaines.

Elle est désormais accompagnée d’un tromboniste, d’un batteur, d’un bassiste et d’un multi-instrumentiste (flûte, piano, guitare…). Les arrangements proposés viennent sublimer la voix de Sophie Hunger.

Folk à souhait lorsqu’elle s’accompagne à la guitare, certains morceaux sont davantage jazzy. L’ensemble est malgré tout ponctué de notes pop-rock. Forcément, les poseurs d’étiquettes s’empresseront de comparer les chansons de cet album à celles de Bob Dylan, Jeff Buckley et Cat Power voire même aller jusqu’à évoquer Feist, Fiona Apple ou encore Tori Amos. D’ailleurs le titre de son premier album, Sketches On Sea serait inspiré par Sketches For My Sweetheart The Drunk de Jeff Buckley.

Malgré les liens apparents entre ces différents univers musicaux, Sophie Hunger cherche à tout prix à éviter les alliances et les comparaisons : ” ce n’est pas qu’il soit difficile pour moi de mettre des mots sur ce que je fais, au contraire, c’est plutôt une volonté délibérée de ne pas m’enfermer moi-même dans un cadre. J’essaie vraiment de rester naïve et spontanée dans mon approche vis-à-vis de la musique “. Elle n’a pas besoin d’écouter tous les classiques pour façonner ses chansons. Au contraire, elle n’écoute que très peu de musique, et jamais plus d’un album à la fois.

Ses textes sont généralement en anglais mais parfois en suisse-alémanique et en allemand. Je vois vos yeux se révulser d’horreur mais restez. Je vous promets que pour une fois, les chansons en allemand - cette langue qui n’est généralement pas adaptée à la douceur lyrique - sont agréables, même aux oreilles les plus sensibles. La preuve avec Walzer für Niemand (en gros “La valse pour personne”, enfin si mes souvenirs d’allemand ne sont pas trop erronés).

Le plus impressionnant lorsque l’on voit des vidéos de Sophie Hunger c’est que l’on se retrouve face à une jeune femme de 26 ans, à l’allure fragile et timide. Légèrement maladroite durant les interviews en français, elle révèle malgré tout un tempérament fort et affirmé. Puis, il lui suffit de se mettre derrière sa guitare ou son piano et d’entonner les premières notes pour que l’on se retrouve tout à coup dans un univers que l’on ne veut plus quitter. On est littéralement happé par sa voix et l’on n’entend plus rien d’autre. Sa voix de velours est riche d’une maturité surprenante. Délicate et aérienne, sa musique n’en est pas pour autant mielleuse. Elle peut au contraire se révéler sombre et pleine de rage comme dans Monday’s Ghost (à partir de 2′32). J’apprécie d’ailleurs l’arrangement assez original qui réunit piano, flûte traversière et trombone avec une sourdine.

Voilà une interprétation de Round and Round lors de l’émission Taratata d’avril 2009, suivie d’une interview par Nagui et enfin Like a Rolling Stone de Bob Dylan, qu’elle chante ici en duo avec Stephan Eicher.

Sophie Hunger semble envoûter l’auditeur. D’après ceux qui ont eu la chance de la voir en concert, lorsqu’elle joue et chante, il règne dans la salle un silence rarement observé au sein d’autres publics !

J’espère pouvoir aller la voir un jour sur scène. Pour ceux qui auront la chance d’être ce week-end au Festival des Papillons de Nuit en Normandie - et j’en connais, veinards ! - sachez qu’elle jouera dimanche 31 Mai. On la retrouvera tout l’été dans différents festivals français, suisse et allemand (Les Eurockéennes de Belfort le 4 Juillet, Les tombées de la nuit de Rennes le 9 Juillet…). Et pour les parisiens, elle se produira le 24 Juin au Théâtre des Bouffes du Nord.

En attendant, voilà une version live (film amateur !) de House of gods.

Une fois la saison des concerts terminée, elle reprendra le chemin des studios puisqu’elle est actuellement en pleine écriture de son troisième album. Et puisque son talent est reconnu dans le coin, Universal a prévu une sortie internationale de son album Monday’s Ghost en début d’année prochaine.

Pour clore cet article je vous invite à écouter Shape, cette chanson à la fois mélancolique et pleine d’espoir qui inaugure l’album. C’est d’ailleurs pour moi le meilleur titre.


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