George Lucas in Love

Certains films deviennent de véritables buzz dans le monde du cinéma, George Lucas in Love est de ceux-là !

Lorsqu’ils ont écrit ce court-métrage, Joe Nussbaum et Joe Levy ne l’ont pas fait dans le but de le commercialiser mais plutôt pour l’utiliser en tant que “carte de visite” afin de démarcher les studios hollywoodiens.

Revenons sur cette petite comédie qui s’est montée en dehors du circuit “classique” et qui a merveilleusement bien fonctionné grâce à un fantastique bouche-à-oreille.

À l’origine, l’équipe du film cherchait THE IDEA mais bon ça ne se trouve pas sous un caillou alors ils se creusèrent la caboche. Quelqu’un proposa tout d’abord de faire une version “live” du dessin animé Les Razmokets. Mais très vite le réalisateur se dirigea vers l’idée de la parodie du film Shakespeare in Love : dans ce film, on voit le jeune William Shakespeare, en panne d’inspiration pendant l’écriture du futur Romeo & Juliette, tomber amoureux d’une jeune fille qui deviendra sa muse. Joe Nussbaum pensa, un temps, à adapter cette histoire au scénariste de Basic Instinct et de Showgirls sous le titre de Joe Eszterhas in Love. Finalement, il se tourna tout naturellement vers l’histoire de George Lucas afin d’imaginer comment l’amour avait pu inspirer le créateur de la saga Star Wars.

Maintenant qu’on a fait les présentations, il est temps de regarder ce court-métrage (7′).

Mum ?… Muuuuuum ????

Précisons bien sûr que tout cela est né de l’imagination du réalisateur et des scénaristes. Il ne faudrait en aucun cas voir cela comme étant une biographie officielle de l’histoire personnelle de George Lucas. Quoi que… Si on y regarde à deux fois, on remarquera plusieurs détails véridiques.

Pour ceux qui ont vu la première trilogie de Star Wars, vous aurez bien évidemment retrouvé, dans l’entourage du jeune étudiant, des gens faisant énormément penser aux personnages principaux (Dark Vador, Maître Yoda, Chewbacca, R2-D2…). Et même si vous ne connaissez pas les films, je suis certaine que vous avez déjà entendu parler de la princesse Leia et de ses fameux macarons sur les oreilles !

Pour faire simple, voilà la légende pour mieux comprendre ce qui va suivre : George, c’est le personnage de fiction et George Lucas, c’est le vrai réalisateur américain !

  • George, interprété par Martin Hynes, est brun et a du poil au menton. Ça tombe bien, c’est le portrait craché de George Lucas (ici à gauche). D’ailleurs, lors d’une convention, “l’original” a apprécié publiquement la ressemblance.

  • George étudie à l’USC (Université de la Caroline du Sud), section cinéma. C’est également dans cette université que le vrai George Lucas est allé. Pour la petite anecdote, figurez-vous qu’il était tout d’abord intéressé par la photographie mais qu’il s’est retrouvé dans le mauvais cours suite à une erreur d’inscription - comme quoi l’administration à la fac c’était déjà pas le top dans les 60’s. Le hasard faisant bien les choses, parfois, George Lucas va rapidement développer une passion pour le 7ème art. Et ce n’est pas le seul dans ce cas puisque Joe Nussbaum et Joe Levy ont également obtenu leur diplôme dans cette université, quelques années avant la réalisation de ce court-métrage.
  • Dans le film, la jolie jeune fille parle de son admiration pour les films d’étudiant de George intitulés 1.42.08 et 6.18.67. Et bien figurez-vous qu’il ne s’agit pas de chiffres rigolos inventés en référence au premier long-métrage de George Lucas THX 1138, non, non, ce sont réellement des documentaires que George Lucas a tournés pendant ses études.

Il existe également des parallèles importants avec Shakespeare in Love. Au niveau de la structure, le développement de l’histoire est le même. Mais ce qui est le plus flagrant, c’est la parodie musicale. Le thème de George Lucas in Love, composé par Deborah Lurie, en est très proche. Aussi bien au niveau de la rythmique que de l’orchestration et du choix des instruments - orchestre symphonique avec mise en avant des cordes auxquelles vient se mêler la flûte irlandaise. Écoutez ici le thème d’ouverture de Shakespeare in Love (surtout entre 0′30″ et 1′15″) puis réécoutez les 30 premières secondes du court-métrage.

Bien entendu, la musique fait également référence à celle que John Williams a composée pour Star Wars. Lorsque le voisin de palier ouvre la porte (0′58″) les cuivres jouent un thème proche de celui associé au méchant Dark Vador. Et lorsque George part retrouver son professeur (2′00), il passe devant un groupe qui joue un morceau proche du Cantina Band de la saga. Et bien sûr le générique - ok ok on ne l’entend que 2 secondes - ne peut que faire penser au thème de L’Empire contre-attaque (second volet de Star Wars).

George Lucas in Love a pu être monté grâce à l’envie, la passion et la générosité. Par exemple, la grand-mère du réalisateur a donné 25 000$ pour le tournage. Joe Nussbaum a aussi fait appel à des amis ainsi qu’à des anciens diplômés de l’USC (compositeur, directeur de casting, acteurs…) et tout ce petit monde s’est retrouvé à tourner dans leur ancienne université. D’ailleurs, la salle dans laquelle George et la demoiselle se rencontrent se trouve dans le bâtiment George Lucas, je vous jure, ça ne s’invente pas. Ça a sûrement inspiré les acteurs principaux puisqu’ils sont également tombés amoureux l’un de l’autre dans la vraie vie - Fin de la séquence émotion - Une fois terminé, le film a été déposé sur un site Internet et ça a été le début du buzz. En trois semaines, on comptait déjà 150 000 visionnages ! Les médias s’emparent du phénomène (CNN, Variety…) qui touche aussi bien les fans de Star Wars que les détracteurs de George Lucas.  Le site de vente en ligne Amazon leur propose de mettre en vente le film et chose encore plus incroyable, le court-métrage devient un best-seller dépassant même le maître George Lucas himself (seule déception de l’équipe, l’absence de making-of sur le DVD, puisque ni photo ni vidéo n’ont été prises pendant le tournage).

Toute cette histoire finit forcément par arriver aux oreilles de George Lucas. Emballé, ce dernier va envoyer une lettre de félicitations au jeune réalisateur qui s’empresse de l’encadrer et de la mettre en évidence au-dessus de son bureau. Tu m’étonnes qu’il se la pète, ça coûte 120€ rien que l’autographe. Pour résumer George Lucas ” a trouvé cela amusant, drôle et bien fait “, rien que ça !

Je ne sais pas si vous avez noté le fait qu’il existait une affiche, chose plutôt rare pour un court-métrage. Il s’agit en fait d’une commande du festival de Toronto qui allait diffuser le film. Bien embêté, le réalisateur a essayé de faire jouer ses contacts pour trouver un graphiste et finalement, un ami d’une connaissance d’un ami, Paul Wee,  artiste ayant travaillé sur la série Les Simpson, a accepté de relever le défi. En un week-end il réalisa cette affiche crayonnée qui fait penser, dans la technique utilisée, à celle de Star Wars épisode 1 : la menace fantôme.

En 2000, le film a remporté le prix du public au Festival de San Sebastien et à celui du film de Floride ainsi que le prix Canal + du Festival de Deauville. Mais la récompense la plus prestigieuse date de 2004 avec l’obtention d’un Official Star Wars Fan Film Award. Comment un tel prix peut-il exister ? Et bien tout simplement parce qu’il existe une multitude de films créés par des fans de la Saga, les fanfilms. Par exemple le court-métrage Hardware Wars avec son fer à repasser et son aspirateur (partie 1 puis partie 2).

Pour finir, si vous avez aimé ce court-métrage, je vous invite à visionner La folle histoire de l’espace (Spaceballs en VO), la parodie officielle signée Mel Brooks, sortie en 1987. C’est pas toujours très fin, mais c’est vraiment très drôle !

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