Alexander Calder : les années parisiennes

Lorsque l’on parle d’Alexander Calder, on pense le plus souvent à ses mobiles. Mais l’œuvre de ce sculpteur est plus variée et complexe.

L’exposition qui vient de débuter au Centre Pompidou retrace le parcours de Calder à Paris de 1926 à 1933, période pendant laquelle son style va évoluer du figuratif à l’abstrait. Durant ces années, ses œuvres ont fortement été influencées par ses rencontres avec d’autres artistes et célébrités de l’époque.

Pas besoin d’être un esthète pour apprécier car son art a quelque chose d’enfantin qui peut plaire à tous, toutes générations confondues.

Petite bio express pour mieux cerner l’artiste :

Calder naît aux États-Unis à la fin du 19ème siècle dans une famille d’artistes. Attiré par les mathématiques, il entreprend des études d’ingénierie mécanique mais son penchant pour les arts l’emporte finalement. En 1924, il est embauché par la National Police Gazette qui lui commande une illustration sur le thème du cirque. S’en suit alors une véritable fascination chez l’artiste qui se met à recréer des personnages et des animaux à l’aide de fils de fer, de bouts de bois et de tissus. Sa première œuvre majeure, Le Cirque Calder, est née. À la manière des vrais cirques, il part en tournée à travers le monde avec toute cette troupe qu’il prend soin d’animer lui-même. De passage à Paris en 1926, il décide de poser ses valises dans le quartier artistique de Montparnasse. Commence alors un échange avec les artistes d’avant-garde de l’époque : Jean Cocteau, Man Ray, Le Corbusier, Robert Desnos…

L’exposition offre l’occasion d’admirer l’habileté de ses représentations de figures en fil de fer. Durant quatre ans environ, il s’amuse à représenter, non sans humour, les animaux :  louve, éléphant, truie, poissons… Même sa signature (visible en bas à droite de l’aquarium) est faite en fil de fer !

Toutes les grandes figures de l’époque tel Joan Miró, Fernand Léger, Kiki de Montparnasse, se sont pressées dans son atelier afin d’obtenir leur portrait en fil de fer.

Mais c’est Joséphine Baker qui remporta tous les suffrages puisque l’artiste réalisa plusieurs sculptures suspendues de la célèbre chanteuse de cabaret. C’est d’ailleurs cette œuvre qui est utilisée pour l’affiche de l’exposition.

Les photos permettent de se faire une idée mais rien ne vaut de voir ces œuvres en vrai, suspendues et donc mouvantes. La lumière joue également une grande importance puisque l’ombre projetée sur les murs offre davantage de profondeur aux sculptures.

1930 marque une rupture dans le travail de Calder. Cette année-là, il visite l’atelier de Piet Mondrian et contemple les compositions géométriques de l’artiste hollandais. Débordé par l’intensité qui se dégage de ces formes, il se met à les imaginer en mouvement. Le langage sculptural de Calder sera désormais abstrait et coloré.

” Pourquoi l’art devrait-il être statique ? En regardant une œuvre abstraite, qu’il s’agisse d’une sculpture ou d’une peinture, nous voyons un ensemble excitant de plans, de sphères, de noyaux sans aucune signification. Il est peut-être parfait mais il est toujours immobile. L’étape suivante en sculpture est le mouvement “.

Dès lors, il incorpore le groupe Abstraction-Création et compose plusieurs sculptures abstraites faisant références aux lois de la physique qui gouvernent le monde. À travers elles, Calder met en forme dans l’espace des forces invisibles. Il entreprend également de construire des sculptures composées d’éléments mobiles indépendants entraînés manuellement ou par un moteur électrique. L’artiste Marcel Duchamp les baptisa “mobiles” faisant un jeu de mots sur le double sens du terme en français : mobile et mouvement. Ces innovations ont été considérées à l’époque comme une grande avancée en comparaison avec les formes sculptées statiques. Ce sont principalement ces œuvres-là que l’on associe à Calder.

Par opposition, les sculptures non aériennes de Calder, généralement constituées de matériaux industriels, ont été baptisées “stabiles” par Arp.

Ici s’arrête l’exposition sur ses années parisiennes visible au Centre Pompidou (Beaubourg) du 18 mars au 20 juillet 2009.

Finissons malgré tout de tracer dans les grandes lignes sa carrière. De retour aux États-Unis en 1933, Calder rencontre un succès phénoménal. Il expose au MoMA en 1943 et reçoit une multitude de commandes. Son travail continue à évoluer et à partir des années 50, ses sculptures s’agrandissent. Citons parmi elles l’une de ses dernières œuvres, le stabile visible à Paris - quartier de La Défense - nommé Araignée Rouge qui mesure pas moins de 15 mètres.

Ironie du sort, Alexander Calder est mort d’une crise cardiaque à New-York le 11 novembre 1976, jour du vernissage d’une rétrospective de son œuvre !

© Calder Foundation, New York / Adagp, Paris 2009, wikipédiaWhitneyFocus, Calder, artlex, artnet, artmag, ch-argentan, Evene, Centre Pompidou, productionmyarts, whitney, Agnès Varda

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6 commentaires pour “Alexander Calder : les années parisiennes”

  1. anna dit :

    j ai trouver le cirque calder inpresionant. surtou quand je les vu pour de vrai .se que j ai surtou bien aime c est le lion-le chien-la louve .

  2. Culture Confiture dit :

    @ Anna : l’expo est bien car elle présente vraiment l’œuvre de Calder, pas simplement ses mobiles.

  3. Chickenbaby dit :

    J’ai beaucoup aimé moi aussi, car comme beaucoup, je ne connaissais quasiment que ses mobiles. L’éclairage met très bien en valeur ses personnages et portraits en plus.

  4. bruno dit :

    pouvez-vous me dire ou se trouve actuellement l’oeuvre le cirque de calder remerciements.

  5. Culture Confiture dit :

    @ Chikenbaby : je trouve aussi que cette exposition était une bonne initiative et elle a surtout été réalisé avec soin.

    @ bruno : l’exposition du Centre Pompidou est malheureusement terminée depuis juillet 2009. Je ne sais pas si elle est visible actuellement. Vous pouvez toujours jeter un œil au site de la Fondation Calder qui parle des évènements en cours

    http://test.calder.org/foundation/page/events

    (mais actuellement, rien en France excepté les œuvres permanentes présentes un peu partout sur le territoire)

    Je vous retiens au courant si j’entends parler de quelque chose !

  6. Culture Confiture dit :

    il est au centre pompidou le cirque

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