Hitchcock by Vanity Fair

Dans l’édition de Mars 2008, le célèbre magazine Vanity Fair a publié un portfolio en hommage à Hitchcock. En effet, certaines images de ses films sont si connues qu’il n’est même pas nécessaire de regarder la scène ou le film dans son ensemble pour savoir de quoi il est question.

Quatre photographes de Vanity Fair, avec l’aide de 21 acteurs de renoms, ont redonné vie aux films du maître du suspense le temps d’une séance photo.

La difficulté majeure a été d’être un maximum fidèle aux décors et aux costumes d’origine. Hitchcock lui-même mettant un point d’honneur à créer la scène exactement comme il l’avait imaginée.

Je vous laisse découvrir les images extraites de ses films les plus célèbres avec, à chaque fois, la photo réalisée par l’équipe de Vanity Fair. L’ensemble étant bien sûr ponctué par une anecdote.

Rebecca - 1940

Joan Fontaine and Judith Anderson © United Artists. / Keira Knightley and Jennifer Jason Leigh. Photograph by Julian Broad.

Rebecca est l’adaptation du roman éponyme de Daphne du Maurier. Hitchcock proposa d’apporter des éléments nouveaux, rendant le film plus ironique, avec un humour sombre. Mais Selznick, le producteur, réclama une réécriture afin d’être fidèle au roman. Vexé, Hitchcock rejeta le film, affirmant qu’il n’était pas à son image. Malgré cela, ce film a eu beaucoup de succès, se voyant même récompensé par deux Oscars, celui du meilleur film et celui de la meilleure photographie.

Lifeboat - 1944

From left: Walter Slezak, Mary Anderson, Hume Cronyn, Tallulah Bankhead, John Hodiak, Henry Hull, Heather Angel, William Bendix, Canada Lee. © Twentieth Century Fox Film Corp.- Photofest. / From left: Tang Wei, Josh Brolin, Casey Affleck, Eva Marie Saint, Ben Foster, Omar Metwally, and Julie Christie. Photograph by Mark Seliger.

Dans chacun de ses films Hitchcock fait un caméo en apparaissant brièvement. Il rencontra des difficultés avec Lifeboat puisque toute l’action se passe sur le radeau. Il pensa un temps jouer un cadavre flottant dans l’eau mais il y renonça, ayant peur de se noyer à cause de ses problèmes de poids. Finalement, on l’aperçoit sur une publicité pour les produits amincissants dans un journal que l’un des naufragés est en train de lire.

L’inconnu du Nord-Express (Strangers on a Train) - 1951

Farley Granger and Robert Walker. Warner Brothers-Photofest. / Emile Hirsch and James McAvoy. Photograph by Art Streiber.

À la sortie du film, Hitchcock affirma que l’inefficacité des deux acteurs principaux était le point faible de ce film. En réalité, le réalisateur aurait voulu tourner avec un autre acteur, William Holden. Malgré cela c’est un très bon film.

Le crime était presque parfait (Dial M for Murder) - 1954

Anthony Dawson and Grace Kelly. ©Warner Brothers. / Charlize Theron. Photograph by Norman Jean Roy.

Le film a été tourné en seulement 36 jours. Cependant, cette fameuse scène a beaucoup stressé Hitchcock qui voulait que le timing soit parfait. Au final, à elle seule elle nécessita une semaine entière de répétitions pour définir les meilleurs angles de vues pour les prises.

Fenêtre sur cour (Rear Window) - 1954

Grace Kelly and James Stewart. Paramount/Neal Peters Collection. / Scarlett Johansson and Javier Bardem. Photograph by Norman Jean Roy.

Ce film parle de la solitude, de l’obsession et de la psychologie masculine. Mais on le critiqua surtout pour le côté voyeur du personnage. À cela Hitchcock répondit avec humour ” Bien sûr qu’il est voyeur, mais ne le sommes-nous pas tous un peu ? Je parie que neuf personnes sur dix, si elles voient une jeune femme se déshabiller pour aller au lit ou même un homme, vont rester et regarder. Personne ne tourne le dos en disant ce ne sont pas mes affaires “.

La main au collet (To Catch a Thief) - 1955

Grace Kelly and Cary Grant. Paramount Pictures/Photofest. / Gwyneth Paltrow and Robert Downey Jr. Photograph by Norman Jean Roy.

Pour Hitchcock, Grace Kelly représentait la quintessence de la beauté froide. Il a eu l’intelligence d’opposer l’apparente froideur de l’actrice à sa sensualité exacerbée. Elle était l’une de ses amies mais avant tout son actrice fétiche. Ce film est leur troisième et dernière collaboration.

Sueurs Froides (Vertigo) - 1958

Kim Novak. © Paramount Pictures. / Renée Zellweger. Photograph by Norman Jean Roy.

Ce film est celui qui reprend le mieux les thèmes qui obsèdent Hitchcock : la paranoïa, le transfert de culpabilité, le refus de l’amour.

Pour la séance hommage, le photographe explique que les acteurs n’étaient pas là simplement pour jouer le rôle d’un modèle mais bien pour incarner le personnage. Pendant la séance de coiffure et de maquillage,  l’actrice Renée Zellweger s’est préparée en visionnant plusieurs fois la scène. Une fois sur le plateau, elle est véritablement entrée dans la peau du personnage, hyper ventilant, le regard inquiet. Il régnait, au sein de l’équipe, une véritable atmosphère de crainte.

La mort aux trousses (North by Northwest) - 1959

Cary Grant. MGM/Photofest. / Seth Rogen. Photograph by Art Streiber.

Hitchcock avait envie de nouveauté avec ce genre de scène dans laquelle le héros est poursuivi. Au lieu de placer le personnage dans une rue sombre aux pavés humides, décor typique des films noirs hollywoodiens, il préféra choisir un champ de maïs complètement à plat où notre homme n’avait aucune possibilité de se cacher.

Pour cette photo, l’équipe retrouva l’enseigne qui avait réalisé le costume d’origine afin de coller le plus possible à la réalité. Seul problème avec la prise de vue, les employés qui travaillaient dans les champs alentour avaient interdiction d’approcher à cause des descentes de l’avion ce qui fait qu’à la fin de la journée, la production alla trouver l’agriculteur afin de le dédommager de la perte financière causée.

Psychose (Psycho) - 1960

Janet Leigh. Paramount Pictures/Photofest. / Marion Cotillard. Photograph by Mark Seliger.

Hitchcock a décidé d’adapter le livre éponyme de Robert Bloch après avoir lu une bonne critique dans le New York Times. Le film est considéré comme un chef-d’œuvre cependant la critique américaine n’a pas été tendre avec le réalisateur. Certains disent que la raison du mécontentement de la presse vient en réalité du fait qu’elle a découvert le film directement au cinéma et non pas en séance spéciale. En Europe, les critiques de la presse et du public ont été unanimement positives.

Marion Cotillard est la seule “frenchie” de ce portfolio. À l’époque de la publication du magazine, elle était fraîchement oscarisée pour son rôle dans La Môme.

Les oiseaux (The Birds) - 1963

Tippi Hedren. © Universal Pictures. / Jodie Foster. Photograph by Norman Jean Roy.

Hitchcock réalisa ce film pour effrayer les gens. Mais la plus effrayée dans l’histoire fut Tippi Hedren, l’actrice principale. Durant toute une semaine, les techniciens lancèrent sur elle des volatiles censés la frapper. Les oiseliers portaient des cuirs mais les acteurs et les techniciens n’étaient pas protégés. Ils reçurent des injections antitétaniques car les coups de becs étaient fréquents. Mais après plusieurs jours à se faire attaquer par ces volatiles l’actrice craqua suite à une blessure à la paupière qui nécessita une hospitalisation. Elle affirma ” ça a vraiment été la pire semaine de ma vie

Au passage, la cabine téléphonique vintage des années 60 a été reconstruite à l’occasion de la prise de vue.

Pas de printemps pour Marnie (Marnie) - 1964

Tippi Hedren. Universal/Photofest. / Naomi Watts. Photograph by Julian Broad.

L’équipe du film raconte qu’Hitchcock était peu concerné par la réalisation de son film, passant son temps à tenter de séduire l’actrice principale. Lui envoyant du champagne tous les jours, il fini par avouer timidement ses sentiments au travers du récit d’un de ses rêves. Elle le repoussa poliment, invoquant le fait qu’il ne s’agissait que d’un rêve. Dès lors, le réalisateur rejeta la jeune femme, refusant même de l’appeler par son nom. Ironie du sort, le film est un psychodrame sur la frigidité !

Petit détour par les coulisses avant de finir.

© eparsa, coucoucircus, Vanity Fair

Tags: , , , , , , , , , , , , , ,

Laisser un commentaire