Alice au pays des Merveilles

Œuvre de Lewis Carroll figurant parmi les classiques de la littérature enfantine, l’histoire d’Alice a su plaire à la fois aux petits et aux grands.

Je ne reviendrai pas ici sur l’importance du monde de l’imaginaire et de l’absurde ou encore sur la critique de la société victorienne de l’époque à travers une remise en cause de l’ordre établi. Non, chacun ayant déjà probablement lu ce livre (ou vu une des nombreuses adaptations cinématographiques), je laisse chacun interpréter l’ouvrage à sa manière.

Revenons à la genèse de l’œuvre, pour cela retournons en 1856 auprès de Lewis Carroll (de son véritable patronyme Charles Lutwidge Dodgson).

Londres, Mars 1856 : L. Carroll vient d’acquérir son premier appareil photographique. Il deviendra ensuite un photographe réputé pour ses portraits de scientifiques, d’artistes mais surtout de petites filles. C’est lors d’une promenade au Christ Church College qu’il rencontre trois des enfants Liddell (dont le père est doyen des lieux). Parmi eux, Alice, alors âgée de quatre ans.

À plusieurs reprises, L. Carroll photographiera les filles de la famille. Ce portrait d’Alice date de 1860. Mais l’anecdote se rapportant à l’œuvre littéraire n’a lieu qu’en 1862.

Alice Liddell, dix ans, part en promenade en barque près d’Oxford, accompagnée de deux de ses sœurs. Deux adultes les accompagnent, l’auteur-photographe ainsi que le révérend Robinson Duckworth, chargé de ramer. Afin de distraire les enfants (et à la demande d’Alice), L. Carroll commence alors le récit d’une petite fille appelée Alice (ça va vous suivez, il ne parle plus d’Alice Liddell mais bien d’un personnage imaginaire !) qui, tombant dans le terrier d’un lapin, va vivre sous terre des aventures plus étranges les unes que les autres. À la fin de la balade, l’auditoire est conquis si bien qu’Alice supplie L. Carroll de retranscrire sur papier ce fabuleux récit.

Noël 1864, L. Carroll offre à Alice Liddell un carnet manuscrit accompagné d’une trentaine d’illustrations et intitulé Alice’s Adventures under Ground (Les Aventures d’Alice sous Terre). Cet exemplaire fut reproduit plus tard, en fac-similé, à la demande de l’auteur lui-même et avec l’autorisation de sa propriétaire. L’original resta la propriété d’Alice Liddell jusqu’en 1928, date à laquelle elle fut obligée, pour des raisons financières, de le mettre en vente à Sotheby’s. Elle reçut 15 400£ de l’époque.

Afin de publier l’histoire (sous le nom définitif Alice in Wonderland - Alice au pays des merveilles), l’auteur remania le script d’origine, ajoutant quelques épisodes et faisant surtout appel à un illustrateur, John Tenniel. Il est important de préciser qu’à aucun moment le personnage d’Alice ne ressemble, physiquement, à la petite Liddell. L’héroïne est toujours représentée avec des cheveux longs et plutôt clairs. Concernant la petite fille comme étant la source principale d’inspiration de l’auteur, différentes controverses empêchent d’affirmer quoi que ce soit. On peut cependant supposer que L. Carroll s’est inspiré de ce qu’il a pu voir et entendre des différentes fillettes qu’il a photographiées. Son ouvrage est malgré tout dédié à Alice Liddell, la preuve étant consultable dans le douzième et dernier chapitre du livre de 1871, Through the Looking-Glass, and What Alice Found There (De l’autre côté du miroir et de ce qu’Alice y trouva) : un acrostiche forme le nom d’« Alice Pleasance Liddell »

Le livre a été réédité à plusieurs reprises mais seuls vingt deux exemplaires de l’édition originale auraient survécu (dont cinq seraient chez des particuliers). L’une d’elles a d’ailleurs été vendue aux enchères en 1998 pour la somme record de 1,5 million de Dollars.

Encore aujourd’hui, Alice (le personnage de fiction) continue à fasciner. Beaucoup ont tenté de représenter cette petite fille. Citons parmi eux, l’illustrateur Arthur Rackham (1907) ou bien l’équipe de Walt Disney pour le long métrage d’animation du même nom (1951) ou encore José de Creeft (1959) dont la sculpture trône dans Central Park (New-York).

La mode a aussi utilisé ce modèle dans une édition du Vogue (2005) mettant en scène le top Natalia Vodianova aux côtés de Christian Lacroix et Stephen Jones.

Il existe également une série de photos d’Annie Leibovitz (2007) ré-nterprétant les classiques de Disney avec des stars de la musique et du grand écran (Beyoncé,…)

Il serait beaucoup trop long d’énumérer toutes les références à cette histoire que l’on retrouve dans les œuvres actuelles mais citons en deux tout de même :

- Le personnage de Matrix, Néo, doit, comme Alice, suivre un lapin blanc, représenté dans le film sous la forme d’un tatouage sur l’épaule d’une femme.

- Dans le jeu vidéo Super Mario Bros, comme Alice dans la maison, Mario est amené à changer de taille selon qu’il ingurgite des champignons magiques.

Reste à attendre pour voir ce que nous prépare le maître Tim Burton puisqu’il tourne actuellement Alice in Wonderland avec son acteur fétiche Johnny Depp dans le rôle du Chapelier Fou et une toute jeune actrice pour jouer Alice, Mia Wasikowska. Le projet devrait mêler prises de vue réelles et 3D. Histoire de patienter jusqu’en 2010, voilà en exclusivité les premières photos officielles du projet.

Je vous laisse en musique avec le clip de Gwen Stefani “What you waiting for ?” qui nous plonge dans une version acidulée et sexy de l’univers de Lewis Carroll (ou version longue à partir de 3′20″).

© Rosenbach, Wikipédia, LewisCarroll, John Tenniel, Walt Disney, Arthur Rackham, José de Creeft, Universal, Lyrisis, canoe, yespleasemademoiselle, Annie Leibovitz

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Un commentaire pour “Alice au pays des Merveilles”

  1. » Archive du blog » Mini-Livre dit :

    [...] extraits de L’iliade, La petite fille aux allumettes et autres contes, Le roman de Renart, Alice aux pays des merveilles, Les douzes travaux d’Hercule, Les liaisons dangeureuses, Poil de carotte, Frankenstein, [...]

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